Des cours d’orthographe visant un code commun

Orthographier signifie « écrire droit ». Respecter les règles d’orthographe fait partie du savoir « vivre ensemble ». Une orthographe incorrecte peut même être ressentie comme une marque de désinvolture, d’impolitesse.

De la tolérance au contresens.

Un oubli de lettre, une lettre à une mauvaise place, un accent oublié sont souvent des erreurs considérées « excusables ». On admet certaines fautes.

Une bonne orthographe, une bonne image

ENSEIGENMENT au lieu d’ENSEIGNEMENT est-ce si grave ?

bonne-orthographeCette« coquille » figurant dans le texte du diaporama accompagnant le discours de Najat Vallaud- Belkacem pour une conférence sur le thème « Lire et écrire au CP », a été vivement raillée le 25 septembre 2015 !
Ce jour-là, les propos de Madame La Ministre de L’Education Nationale, si pertinents et intéressants furent-ils,  ont été relégués au second plan au moment où ce titre apparaît sur l’écran géant. La plus haute instance scolaire se devait d’être parfaite !

Une relecture intelligente

Suivre une formation en français ne dispense pas d’une réflexion sur le sens de la phrase.
Un correcteur orthographique peut-il déceler toutes les erreurs ?

Ils ravissent leur jugement et devient de leur trajectoire.
Les verbes « ravir » et « raviser », « devenir » et « dévier » revêtent des formes conjuguées très proches…
Evidemment une telle confusion est aisément écartée lors d’une relecture attentive.

Il y a des fautes rédhibitoires…

Même si les exigences de réactivité dans le monde du travail priment sur le « zéro faute » parce qu’il faut viser l’efficacité, « LA» faute dans un CV ou une lettre de motivation discrédite son auteur.
La faute d’orthographe traduit, pour bon nombre de DRH, une méconnaissance de la culture française et elle est incompatible avec de hautes fonctions.
De même, une copie universitaire truffée de fautes, crispe le correcteur. Si elles ne sont plus éliminatoires, celles-ci ont un impact négatif sur le lecteur, qui, malmené, sera moins enclin à accorder du crédit au contenu dudit document lu.

Et si la solution était une formation en orthographe …

Dans son livre – Orthographe en chute, orthographe en chiffres. Deux expériences édifiantes (ed°L’Harmattan, 274 p), L.Drouallière, enseignant-chercheur à l’université de Toulon, raconte qu’il a envoyé 200 CV présentant les mêmes caractéristiques, l’un sans fautes, l’autre avec. Résultat : « Les prises de contact ont été de 60 % supérieures pour les CV sans fautes ».*
Pas étonnant que les recherches Google « cours de français » ou « formation en orthographe » prolifèrent !

*http://www.lemonde.fr/education/article/2015/09/23/trop-d-etudiants-faches-avec-l-orthographe

Ecrire sans faute ou sans erreur ?

Tel un boulet traîné depuis l’enfance et dont il faut se débarrasser, la faute d’orthographe revêt une connotation morale dans

l’inconscient collectif et suggère une responsabilité, voire une culpabilité.

On reconnaît toutefois une graduation dans la gravité d’une mauvaise orthographe : on admet plus facilement une erreur qu’une faute ; une défaillance involontaire de connaissance, de mémoire est plus facilement excusée qu’une faute grammaticale liée à un problème de réflexion.
L’erreur lexicale ou la faute de frappe, « passent mieux » qu’un mauvais accord de participe passé ou de conjugaison, considéré comme un manquement aux règles.

Imaginer qu’une faute a pu se glisser dans un mail ou un dossier peut provoquer des sueurs froides et beaucoup reconnaissent user de stratégies pour compenser leurs défaillances  orthographiques : écrire le strict minimum, repasser sur certaines lettres pour laisser croire à une bonne orthographe,  remplacer un mot par un autre…

Il est prouvé qu’écrire un texte sans faute génère un sentiment d’appartenance à la
communauté des lettrés et rassure. S’il reste difficile et rare ne plus faire de fautes d’orthographe à l’ère du langage SMS, éliminer 90 % des fautes les plus graves constitue un challenge raisonnable.

2016-10-19T11:41:59+00:00

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